Réglementations et colère pour la pêche 2026
Réglementations et colère pour la pêche 2026 préambule
Le ministère a publié, en cette fin d’année, un arrêté imposant l’utilisation d’une application mobile, RecFishing, pour les pêcheurs de loisir en mer, à partir du 10 janvier prochain.
Suite à une consultation publique pourtant largement défavorable et néanmoins solidement argumentée par les pêcheurs, l’ignorance de cette contestation a été choisie, avec une décision prise avant même la synthèse des avis. Pire encore, cette décision a été actée avant la fin de la consultation publique, puisque le ministère a envoyé aux associations de pêche de loisir des flyers reprenant non pas l’arrêté (qui n’était pas encore publié), mais le projet lui-même.
Cela constitue un mépris flagrant des pêcheurs et traduit une volonté d’imposer des règles sans aucune concertation préalable, que ce soit avec les pêcheurs de loisir ou avec la branche professionnelle également impactée par cet arrêté. Cette dernière n’a, de surcroît, jamais été consultée depuis le départ.
Dans ce contexte, l’une des seules réponses possibles à apporter de manière pacifique est le boycott de l’application, d’ailleurs toujours pas consultable à ce jour, et qui ne permet pas de connaître clairement les objectifs recherchés par le ministère.
But du boycott
Le but d’un boycott est de dénoncer une législation que l’on considère comme injuste. En ce sens, il s’agit d’une action de désobéissance civile, reconnue notamment par Amnesty International.
Pour ce faire, l’action doit reposer sur un engagement individuel, conscient des risques encourus, et public.
Engagement de chaque individu : plus il y aura de personnes engagées dans cette démarche, plus l’action sera efficace.
Conscience des risques : ne pas se conformer à l’obligation de déclaration est répréhensible et passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 1 500 €. C’est pour cette raison que l’action doit être collective, afin de permettre l’élaboration d’une défense commune pour l’ensemble des personnes engagées dans la démarche.
Action publique : il s’agit ici de rendre la mobilisation visible auprès des médias, afin que la pêche de loisir soit considérée comme un véritable sujet d’actualité et qu’elle puisse ainsi toucher l’opinion publique.
Il appartient à chaque pêcheur de permettre à cette action d’aboutir à une révision complète de la législation, afin qu’elle s’applique équitablement à tous — sans distinction selon la technique pratiquée ou la zone de pêche — et qu’elle permette d’obtenir un véritable état des lieux de la pratique : impact économique, nombre de pratiquants, objectifs réels de la mesure.
Enfin, il est essentiel que les données auxquelles il nous est demandé de contribuer soient en open data, accessibles à tous. Autant d’inconnues qui ne peuvent aujourd’hui que nous laisser dans l’incertitude quant à l’avenir de la pêche de loisir en mer.
Le COPERE collectif des pêcheurs récréatifs
Le COPERE est un collectif de pêcheurs récréatifs, et je vous invite à vous rendre sur le site du COPERE afin de vous faire votre propre opinion sur les différentes actions menées à ce jour.
Le DGAMPA VS syndicat des moniteurs guides de pêche
Invité dans un premier temps, à sa plus grande surprise bien sûr, en tant qu’observateur sans droit de parole, le président du Syndicat des Moniteurs-Guides de Pêche se voit finalement exclu de tout véritable dialogue institutionnel au sein du CNML.
Une lettre comportant autant de contradictions que l’arrêté relatif à la déclaration de pêche en 2026 : on y relève les termes « participation en tant qu’observateur », puis « dialogue », « concertation », « coopération ». En résumé, il suffirait probablement d’aller s’asseoir, manger et boire une eau pétillante pour ensuite être décrédibilisés à la fin de cette réunion.
Je suis bien content de ne pas voir mon syndicat mêlé à cette mascarade — ou fumisterie — sous couvert de l’État. Puisqu’ils ont choisi l’opposition ou le silence plutôt que le dialogue depuis la mise en place de tout ceci, les pêcheurs ont eux aussi leur mot à dire.
Je parle ici des 97 % des pêcheurs de loisir en mer qui n’adhèrent à aucune fédération. La représentativité des fédérations de pêche réunies au sein du CML les fameux 3 %, notamment pour l’accès à la ressource thon, bravo 🙂
Il suffit d’observer les différentes actions menées par le CML ces dernières années pour comprendre qu’en rien elles ne défendent la pêche de loisir ; bien au contraire. Il suffit de chercher un peu pour constater le désastre.
Réponse du Syndicat des moniteurs guides de pêche
Je ne vais pas les commenter davantage : les mots sont justes, les faits sont clairs et l’explication est limpide pour quiconque prend le temps de lire. Ce qui tranche radicalement avec les pratiques habituelles de la CNML, du CML et de la DGAMPA, où l’opacité, la langue de bois et les décisions prises en vase clos semblent être devenues la norme.
Ces instances prétendent dialoguer, concerter et coopérer, mais dans les faits, elles excluent, méprisent et confisquent la parole de l’immense majorité des pêcheurs de loisir. Elles parlent au nom de tous, tout en ne représentant qu’une minorité infime, soigneusement choisie, docile et alignée avec une vision technocratique totalement déconnectée du terrain.
La pêche de loisir n’y est ni défendue ni respectée ; elle est instrumentalisée, fragmentée et sacrifiée au profit de décisions déjà écrites à l’avance. La DGAMPA impose, le CML cautionne, la CNML valide — et pendant ce temps-là, 97 % des pêcheurs de loisir en mer restent invisibles, ignorés, voire volontairement écartés du débat.
Ce système ne relève plus de la concertation, mais d’une mise en scène institutionnelle destinée à légitimer des mesures injustes, inefficaces et profondément anti-démocratiques. À force de mépriser ceux qui pratiquent réellement la pêche de loisir, ces instances ne font qu’alimenter la défiance, la colère et la désobéissance civile. Et elles en portent l’entière responsabilité.
En conclusion
En conclusion, nous ne sommes clairement pas sortis de l’auberge, comme on sait si bien le dire, avec un arrêté rédigé tel un véritable torchon :
– qui laisse à chacun l’appréciation d’appliquer la loi selon sa propre interprétation ;
– où l’on fait preuve de discrimination entre un pêcheur de tacaud et un pêcheur de bar ;
– où chaque pêcheur peut être considéré… ou non ;
– où il faudra prendre le temps de mesurer et de déclarer des poissons pourtant remis à l’eau ;
– où les données restent floues : divulguées à qui, pour quoi, pour qui, pourquoi, et au service de qui, comment ?
Autant de grandes questions soulevées par un arrêté peu lisible, incohérent et bancal, obligeant les pêcheurs de loisir en mer à se déclarer… du moins certains, pas tous.